samedi 10 novembre 2007

Esprit de saison




Les Syldaves, qui sont des êtres particulièrement sociables, ne mangent pas que de la tarte aux oignons, mais également de la soupe, au chou. La Syldavie est en effet réputée pour ses hivers longs et rigoureux.



mardi 2 octobre 2007

lundi 27 août 2007

En jachère






à suivre...

Les guinguettes de Paris plage ont envahi Stalingrad

« Autant d'oisifs qui demeurent dans la cité, munis d'aiguillons et bien armés, les uns de chargés de dette, les autres d'infamie, les autres des deux à la fois, remplis de haine et complotant contre ceux qui ont acquis leurs biens et contre le reste des citoyens, et ne respirant que révolution... Et cependant ces usuriers qui vont tête baissée, sans paraître voir ces malheureux, blessent de leurs aiguillons, c'est-à-dire de leur argent, tous ceux des autres citoyens qui leur donnent prise, et centuplant les intérêts de leur capital patrimonial ; les agents de cette capitalisation usurière multiplient dans l'État les frelons et les gueux. » Platon, La République.





Un soir à la Villette

Repaire à bobos ou ex lieu d'exil pour les "délinquants", la Rotonde assainie porte toujours ses stigmates à l'ombre des lampadaires et des néons des MK2
La société du divertissement a aussi besoin de ses délinquants, nonobstant la "suture urbaine" et la re-création (récréation?) de "morceaux de ville"



"Quand vous aurez ainsi formé la chaîne des idées [de crime et de châtiment] dans la tête de vos citoyens, vous pourrez alors vous vanter de les conduire et d'être leurs maîtres. Un despote imbécile peut contraindre des esclaves avec des chaînes de fer; mais un vrai politique les lie bien plus fortement par la chaîne de leurs propres idées; c'est au plan fixe de la raison qu'il en attache le premier bout; lien d'autant plus fort que nous en ignorons la texture et que nous le croyons notre ouvrage; le désespoir et le temps rongent les liens de fer et d'acier, mais il ne peut rien contre l'union habituelle des idées, il ne fait que la resserrer davantage; et sur les molles fibres du cerveau est fondée la base inébranlable des plus fermes Empires."

J.M. Servan, Discours sur l'administration criminelle, 1767, cité par M. Foucault dans Surveiller et Punir.




mercredi 16 mai 2007

Leipzig weit weg

Retour par temps d'un sale hiver qui n'a que trop trainé ses guêtres dans la ville fantôme.

En août je croyait à une ville à 20% vide mais où un autre modèle de développement pourrait se faire, parce que Rifkin avait sûrement raison, et tant pis si le monde devient dual. Tant que dure l'Etat providence pour permettre à ses membres invalides de ne pas être amputés, alors...
Taïga était une belle femme un peu triste, la Spinnerei était un phalanstère et Peter voyait des temples cubisto-gréco-romain...








L'ambiance et la météo changent-elles si radicalement les opinions que l'on se forge sur une ville? tout se fige et plus encore les bâtiments, on ne voit plus que les ruines, les façades cloquées, comme une vieille balafre qui retient le regard pour ne plus voir l'harmonie du visage.
Tous ces travaux m'apparaissent comme un cache misère, un trompe l'oeil qui n'abuse plus, les travaux sont une injonction:

Chers investisseurs qui préférez la Pologne à notre ville, voyez comme nous n'avons pas peur de l'avenir, là nous vous promettons un énième centre commercial (pour quels consommateurs?), ici des immeubles de bureaux avec toujours plus de vitres (HQE bien sûr, mais combien de bureaux sont vides? on invente même la collocation de bureaux)...


Les travaux saignent la ville, il manque un souffle, une vigueur, on voudrait bien y croire, mais...
Prenons la démolition de l'Université dans le centre: architecturalement, splendide reliquat de la période communiste, mais on n'a que faire de ces reliquats devenus verrues au pied des tours modernes. Ouste, du balai, cette technique de déconstruction, a priori moins violente que l'explosion du bâtiment en question (on a fait le même choix pour le PRU de Clichy, par opposition à ce qui s'est fait à Mantes?) me rappelle plutôt les vers de Baudelaire, "une charogne". Ce que l'on voit sur l'Universitaetstrasse c'est une Bausubstanz qui n'en finit plus de vomir ses intestins par toutes les ouvertures qu'on lui perce. Finit le centralisme descendant par les escaliers majestueusement marxistes, ce sont aujourd'hui des tiroirs saccagés, fracturés, branlants.


Le panneau de présentation des travaux ne ment pas: Leipzig n'a plus le sous pour ces projets pharaoniques, le Land paie donc, Dresden s'en arrange. Quand à une différence administrative s'ajoute une querelle de zonage européen et de gros sous à la clef...
Le directeur du renouvellement urbain à la mairie de Leipzig n'avait pas tout à fait tort: Leipzig a bénéficié de crédits faramineux pour faire sa transition, sa reconstruction (entendez pour balayer tous ces relents de communisme visibles dans l'urbanisme, mais rassurez-vous les fonctionnaires ont connu une soigneuse épuration et il ne reste parmi la population que les plus choqués, les plus inadaptés pour le nouveau règne, ceux-là finiront bien un jour par mourir, sinon on leur coupe déjà les crédits de l'Etat providence grâce à Hartz IV).

Malgré notre sourire post-moderne en coin, nous devenons, nous Européens, de gentils conservateurs de musée. Que Jean Nouvel dessine celui d'Abbu D'Abhi.


Les autres photos de Lepizig

mardi 15 mai 2007